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AGOA : Entre soulagement et incertitudes

2026-02-06 - 04:37

Les États-Unis ont officiellement réactivé l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour une durée d’un an. Cette décision, très attendue par les pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires, permet de maintenir l’accès préférentiel au marché américain pour des milliers de produits, notamment dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de l’industrie légère. Mais cette relance à court terme s’accompagne de nouvelles exigences et laisse planer de fortes incertitudes sur l’avenir du dispositif. Dans sa déclaration, le représentant américain au Commerce (USTR) précise que cette extension servira de période de transition, destinée à réviser et moderniser l’AGOA. L’objectif affiché est d’aligner davantage le programme sur la doctrine commerciale de l’administration américaine, qualifiée de “America First”. Concrètement, cette orientation pourrait se traduire par des conditions d’éligibilité plus strictes pour les pays partenaires, notamment en matière de gouvernance, de respect des droits humains ou de réformes économiques. Un soulagement à court terme En Afrique, l’annonce de la relance a été globalement bien accueillie. Gouvernements et organisations patronales saluent une décision qui apporte une visibilité immédiate aux exportateurs, en particulier dans les pays où des milliers d’emplois dépendent directement de l’accès au marché américain. Dans des secteurs comme le textile-habillement ou l’agriculture transformée, l’AGOA reste un levier essentiel de compétitivité et d’attractivité pour les investisseurs. Pour plusieurs pays, cette reconduction évite une rupture brutale des chaînes d’exportation et rassure, au moins temporairement, les entreprises déjà engagées sur le marché américain. Une extension jugée insuffisante pour l’investissement durable Mais cet optimisme reste mesuré. De nombreux acteurs économiques parlent d’un “soupir de soulagement temporaire”, estimant qu’une extension limitée à un an est insuffisante pour relancer durablement les investissements. Les projets industriels, notamment dans le textile ou la transformation locale, nécessitent une visibilité sur plusieurs années pour être rentables. Cette incertitude freine les décisions d’investissement et alimente les craintes d’un durcissement futur des règles, voire d’une remise en cause plus profonde du dispositif. Pour les économies africaines, la question n’est donc plus seulement celle de la reconduction de l’AGOA, mais de sa pérennité et de son adaptation aux réalités actuelles du commerce mondial. Nambinina Jaozara

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