Après la tempête, le chaos !
2026-02-14 - 05:09
Aux airs d’apocalypse, « Gezani » a littéralement fait vivre l’enfer aux populations de Toamasina, piégées au cœur du chaos et désolation, dans la soirée du 10 février. C’était une nuit de terreur, de détresse et de tous les dangers, jusqu’à un paroxysme cauchemardesque, à tel point que les habitants de la ville portuaire peinent encore à se remettre du traumatisme. « Gezani » a tout balayé en l’espace de quelques heures, ne laissant que des ruines et de délabrement. Toamasina est dévasté à 80%, alors que la saison cyclonique est encore loin de sa fin. Le pire reste à venir. Et le relèvement post-cyclonique s’annonce difficile dans une région où la précarité est une réalité et les moyens logistiques matériels font toujours défaut, qui n’est pas propice à la résilience accrue des communautés. Ce n’est pas la première fois que Toamasina a été frappé de plein fouet par un cyclone et cela n’est sans doute pas la dernière. Mais à chaque fois, le même scénario se reproduit comme une fatalité sur laquelle on n’a aucune prise. La raison, c’est que le plan de redressement post-cyclonique existant, censé prioriser les différents projets innovants impliquant des secteurs prioritaires, à savoir les Infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la protection sociale, l’eau, l’habitat, l’éducation, la modernisation de la gestion de finances publiques et la santé, n’a offert qu’une solution temporaire dans un état d’urgence national, ne permettant pas de renforcer la résilience des sinistrés et des populations vulnérables, à lutter contre les chocs matériels, sociaux, environnementaux et économiques, causés par les cyclones de plus en plus puissants à l’heure du réchauffement climatique. Il suffit de constater les dégâts matériels et humains, pour se rendre compte que Madagascar est démuni face à « Gezani ». Les efforts de relèvement doivent se concentrer sur la reconstruction durable, loin d’une réhabilitation de façade, pour une meilleure prévention. Dorénavant, il faut désormais penser à long terme, pour mieux réduire les impacts des catastrophes naturelles, sinon après la tempête, le chaos... Andry Rabeson