Cyclones, développement, économie: la France en première ligne à Madagascar
2026-02-19 - 04:26
La France demeure le premier partenaire de Madagascar. Les deux pays s’appuient sur une relation ancienne et solide. Elle repose sur des liens humains forts : près de 150.000 Malgaches vivent en France et plus de 20.000 Français résident sur la Grande Île. Cette proximité nourrit une coopération continue, au-delà des cycles politiques. Sur le plan économique, la France entre en première ligne. Selon les chiffres émanant des autorités françaises, elle est le premier client de Madagascar, son troisième fournisseur et son quatrième investisseur, avec 277 millions d’euros de stock d’investissements directs. Les échanges bilatéraux atteignent 874 millions d’euros en 2025, avec un excédent pour Madagascar. 55 filiales françaises opèrent dans les hydrocarbures, l’agro-industrie, les télécoms ou les services financiers. Elles génèrent 20.000 emplois. « Nos entreprises créent des emplois durables et respectent leurs engagements sociaux et environnementaux », souligne un responsable français. La coopération s’étend au développement La France mobilise environ 125 millions d’euros par an d’aide directe. L’Agence française de développement (AFD) pilote 51 projets pour près de 600 millions d’euros. Paris agit aussi avec l’Union européenne, qui finance 570 millions d’euros de projets. Parmi eux figure le barrage hydroélectrique de Volobe, d’une capacité de 120 MW. « Ce projet couvrira près de 30 % de la consommation électrique actuelle du pays », précise un expert. La dimension culturelle reste un pilier. Madagascar compte 28 Alliances françaises et 25 établissements du réseau AEFE. Environ 6.400 étudiants malgaches poursuivent leurs études en France. L’Institut Pasteur et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) apportent leur expertise en santé et en agriculture. Face aux cyclones Fytia et Gezani, la solidarité s’est illustrée concrètement. Près de 20 tonnes d’aide ont été acheminées. « La rapidité et l’ampleur de l’appui français ont été déterminantes », a déclaré le président malgache le 12 février à Toamasina. Tentes, vivres, pastilles de purification d’eau et experts ont été déployés. Le patrouilleur Outre-Mer Auguste-Bénébig a contribué à rétablir l’accès portuaire. Paris et Antananarivo travaillent désormais au renouvellement de leur partenariat. « Nous voulons des résultats rapides et visibles pour la population », affirme une source diplomatique. La relation franco-malgache entend ainsi conjuguer fidélité historique et efficacité concrète. Arh.