TheMadagascarTime

Des familles divisées

2026-03-30 - 04:33

Soixante-dix-neuf ans sont passés depuis les évènements du mars 1947. Chaque commémoration de cet évènement fait naître chez les Malgaches des sentiments à fois douloureux et de fierté. C’est un sentiment douloureux pour toutes les personnes qui ont perdu un être cher. Et beaucoup y ont laissé leur vie. Des villages entiers ont été rasés de la carte ou brulés. Des familles complètes ont été décimées et leurs biens spoliés. La répression coloniale a été tellement brutale que certaines familles en portent toujours des stigmates. Ce qui explique pourquoi certaines rancoeurs sont encore vives. Mais la commémoration de cette date est également un moment de fierté pour le peuple malgache. Certes, du côté de la puissance coloniale, pour une raison ou une autre, les évènements du mars 1947 ont été qualifiés comme étant une simple insurrection, un soulèvement. Mais pour beaucoup de Malgaches, c’était une guerre de libération nationale car beaucoup de régions, un peu partout à Madagascar, ont été concernées. Le but était de «mettre de­hors», les forces coloniales. Et c’est d’ailleurs, pour laquelle preuve, ont été appelés «nationalistes». Et on peut être fier de tous ceux qui ont lutté contre la domination coloniale car il fallait de la bravoure, du courage à revendre pour engager une lutte dans laquelle les forces en présence disposaient de moyens disproportionnés. C’était en quelque sorte, comme dans la Bible, le combat entre David et Goliath. Mais cette fois-ci, Da­vid n’a pas pu terrasser son adversaire. D’un côté, la puissance coloniale, venant de sortir victorieuse de la seconde guerre mondiale, disposait d’un arsenal complet. De l’autre, les combattants malgaches n’avaient pour armement que quelques sagaies et de rares fusils. Il faut souligner que l’administration coloniale a profité de cet évènement pour se débarrasser de tous ceux qui la gênaient. Et pour cela, elle a été aidé par tous les colons qui étaient éparpillés un peu partout à Madagascar et qui n’avaient d’autre but que d’accaparer les immenses occupés par les Malgaches. Aujourd’hui encore, la récupération et la re­distribution de ces terres posent encore un problème. Et comme toujours, on a eu droit aux in­contournables «collaborateurs» locaux qui ont profité de l’occasion pour agir dans leurs intérêts personnels. Certains d’entre eux ont fait main basse sur les biens de ceux qui, à tort ou à raison, ont eu maille avec l’administration coloniale ou qui ont été mêlés, à tort ou à raison, directement ou indirectement, aux évènements du mars 1947. Même aujourd’hui, ces faits divisent encore de nombreuses familles. Ranaivo Lala Honoré

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