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Exigence de l’inclusion

2026-03-18 - 04:23

La refondation ne se décrète pas, elle se construit à plusieurs. Derrière la satisfaction prudente des partenaires internationaux face au « Programme de refondation de Madagascar », une réalité plus complexe se dessine à l’intérieur du pays. Car si le processus est validé sur la scène continentale, il a suscité des interrogations au sein de la classe politique et de la société civile. Ces préoccupations ne relèvent ni d’un refus de changement ni d’une opposition systématique. Elles expriment une exigence légitime : celle d’être partie prenante d’un processus qui engage l’avenir de toute une nation. La mise en garde contre l’unilatéralisme de la part de la société civile dans la désignation du Premier ministre en est une illustration. Elle rappelle que la légitimité d’une transition ne repose pas uniquement sur le respect formel des règles constitutionnelles, mais aussi sur la capacité à fédérer, écouter et associer. Certes, des signes d’ouverture apparaissent. Des discussions s’engagent en coulisse et le président Michael Randrianirina a confié au nouveau Premier ministre Mamitiana Rajaonarison la mission de rassembler tous les Malgaches et de travailler pour renforcer l’unité nationale. Les observateurs attendent donc du concret. Car l’inclusion ne peut être perçue comme une concession tardive, mais doit constituer le socle même de la refondation. En effet, un processus ouvert, transparent et participatif peut devenir une opportunité historique de réconcilier réellement les acteurs politiques et de retisser le lien entre les institutions et les citoyens. L’enjeu est donc clair : transformer l’intention d’unité en une pratique politique concrète. A Madagascar, plus qu’ailleurs peut-être, l’avenir ne pourra se bâtir durablement qu’à travers une refondation inclusive, où chaque voix compte et où chaque acteur trouve sa place. Tivo Rasam

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