La paix mondiale est compromise
2026-03-02 - 04:26
Dans la matinée du 28 février, les forces armées des Etats-Unis et d’Israël ont mené des frappes militaires aériennes sur le territoire iranien.La riposte iranienne a été immédiate : Des salves de missiles et de drones ont été lancées sur Israël. Mais comme des frappes de missiles ont également eu lieu contre le centre de maintenance de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn et des bases militaires américaines au Koweït et au Qatar, c’est toute la zone qui risque de s’embraser. Bien évidemment, le Conseil de sécurité des Nations unies qui est responsable du maintien de la paix et de la sécurité à l’échelle mondiale a tenu une réunion d’urgence pour examiner la situation, appeler à la désescalade et envisager d’éventuelles mesures diplomatiques. Qu’est-ce qu’on peut attendre de cette réunion ? Le conseil de sécurité des Nations unies a-t-il encore la capacité de remplir pleinement son rôle depuis que les Etats-Unis et quelques-uns de ses alliés ont eu l’initiative de mettre en place une copie-collée du Conseil onusien ? Quoi qu’il en soit, l’agression armée contre un Etat souverain et indépendant, membre de l’ONU est une violation des principes et normes fondamentaux du droit international et les décisions qui vont être prises pour influencer l’évolution de la crise en cours pourront-elles être appliquées ? Dans ce contexte de fortes tensions internationales, le décès du Guide suprême iranien est de nature à envenimer la situation. Mais il y a un autre risque majeur: une extension rapide du conflit à d’autres acteurs régionaux qui ont été touchés par des missiles iraniens alors qu’ils ne sont pas intervenus directement dans l’attaque contre l’Iran. Par exemple, l’Arabie saoudite a condamné avec fermeté ce qu’elle a qualifié d’agression iranienne », accusant l’Iran d’avoir violé la souveraineté de plusieurs Etats de la région. C’est la dénonciation d’une violation flagrante du droit international, visant notamment les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Qatar et la Jordanie. D’un autre côté, le Yémen et le Pakistan ont officiellement annoncé leur entrée en guerre aux côtés de l’Iran (bien que le Pakistan doit déjà faire face à un conflit contre l’Afghanistan).Autrement dit, c’est une menace directe de la stabilité régionale. Il existe un risque d’élargissement du conflit en cours. Face aux différents soutiens dont bénéficie chaque camp, les différents appels à la cessation immédiate des hostilités et à la désescalade ont-ils une chance d’être entendus? compromettant ainsi la paix et la sécurité internationales. Le moins qu’on puisse dire est que la paix mondiale est compromise. Ranaivo Lala Honoré