Lutte contre le blanchiment de capitaux: l’évaluation du Gafi est prévue au mois de juillet
2026-02-14 - 05:18
Madagascar s’apprête à passer une étape cruciale dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Le Groupe d’Action Financière (GAFI), procédera à une évaluation des résultats réalisés par le pays en juillet, afin de mesurer l’efficacité du dispositif national et sa conformité aux normes requises. Dans cette perspective, une mission préparatoire s’est tenue le 9 février. Pendant une semaine, des experts internationaux venus du Botswana, du Zimbabwe, de la Zambie, de la République Démocratique du Congo et de la Namibie ont rencontré des responsables administratifs et judiciaires, des services d’enquête, des organes de contrôle ainsi que des acteurs du secteur financier. Les échanges ont porté sur l’application des lois, la solidité du cadre institutionnel et surtout, les résultats concrets obtenus ces cinq dernières années. L’objectif est d’identifier les lacunes et renforcer un système jugé stratégique pour accroître la crédibilité financière du pays. L’enjeu est double : éviter que Madagascar ne devienne un refuge pour les capitaux illicites et consolider la confiance des partenaires et investisseurs internationaux. Affaires de corruption Le Directeur général du Service de renseignements financiers (Samifin), Mamitiana Rajaonarison, plaide pour une approche basée sur le risque, en concentrant les efforts sur les secteurs les plus exposés. La poursuite déjà engagée dans les affaires de corruption, notamment celles impliquant des hauts responsables et des détournements de ressources publiques, figure parmi les priorités. La surveillance des circuits financiers constitue un autre pilier du dispositif. La Commission de Supervision Bancaire et Financière (CSBF), les banques, les compagnies d’assurances, ainsi que des professions comme les notaires, les casinos et les agences immobilières, sont en première ligne pour détecter les flux suspects. Dans ce sens, la Secrétaire générale de la CSBF, Seheno Ranaivoson, rappelle que son institution assure un contrôle étroit des secteurs bancaire et assurantiel, particulièrement vulnérables aux risques de blanchiment. Reste à démontrer leur efficacité. Et selon le DG du Samifin, Mamitiana Rajaonarison, un plan d’action sera alors soumis au gouvernement afin de mettre en œuvre les réformes nécessaires et démontrer que les engagements pris se traduisent par des résultats tangibles. Ce processus bénéficie de l’appui de l’Union européenne à travers le programme SECFIN Africa, mis en œuvre par CIVIPOL, Expertise France et la GIZ Madagascar. N.A