TheMadagascarTime

Pas perdus pour tout le monde

2026-03-24 - 04:34

L’opinion publique se focalise aujourd’hui sur ce que sera le prochain gouvernement car beaucoup de travail l’attend. Sans aucun doute, ce gouvernement aura parmi ses principales missions de récupérer autant que possible et par tous les moyens tout l’argent détourné et dénoncé dernièrement par la Cour des comptes. Mais ce ne sera pas chose facile car il faudra encore mettre en branle toute une série de procédures plus ou moins longues et complexes. Autrement dit, ce n’est pas d’ici de­main qu’on verra les couleurs de cet argent. Pourtant, il existe déjà un moyen qui pourra venir renflouer les caisses de l’Etat. C’est le stock de bois de rose saisi lors de la lutte contre les trafics. Plus de 3 500 tonnes de bois de rose ont été saisies entre 2018 et 2023. Lors de son intervention durant l’ouverture des assises nationales pour l’environnement, le 4 mars 2026 au CCI Ivato, le ministre de l’Environnement et du Développement durable de l’époque avait déclaré que 5 536 pièces de bois précieux sont enregistrées en stock. Ce stock représente une valeur non négligeable. Alors, on se demande pourquoi ne pas le vendre ? Qu’est-ce qui nous empêche de le faire ? Il faut se rendre compte que, même s’il s’agit de bois précieux, donc très résistant, ce sont quand même des produits pé­rissables comme tant d’autres. Et ce n’est pas comme le vin qui se bonifie avec le temps. Plus le temps passe, plus leur qualité et donc leur valeur diminue. Il est vrai qu’on a signé de nombreuses conventions internationales par le biais de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Mais les faits sont là ! Que va-ton faire du stock existant saisi ? On ne va pas quand même le laisser pourrir sur place alors que beaucoup s’en intéresse. C’est Madagascar qui en sera le plus gros perdant si on ne liquide tout le stock qui représente tout de même une certaine valeur. Le produit de la vente pourra servir à financer de nombreux projets de développement (constructions d’in­frastructures telles que routes, écoles ...). C’est ce qui manque le plus au pays. Il faut qu’on se décide sans attendre qui que ce soit. Pour ce faire, on peut procéder à une vente aux enchères internationales sous l’égide même de la Cites pour que les transactions se fassent en toute transparence. Il est certain que de nombreuses entreprises in­ternationales seront intéressées par ce produit (fabricants internationaux de meubles de haut de gamme, fabricants d’instruments de mu­sique ... ). Mais préalablement, pour faire plus de profit, il faudra transformer le produit brut, même partiellement. Par exemple, il serait plus judicieux de transformer le stock en madrier de manière à créer encore un peu plus de plus-value lors de la vente. En agissant ainsi, les stocks de bois de rose ne seront pas perdus pour tout le monde. Ranaivo Lala Honoré

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