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Permis miniers: riorité aux 3.000 dossiers en attente

2026-02-03 - 04:28

Après seize années de suspension, Madagascar relance officiellement l’octroi des permis miniers. La mesure est entrée en vigueur depuis le 2 février. L’administration minière veut tourner la page du gel administratif et engager une nouvelle phase placée sous le signe de la « normalisation » du secteur extractif, comme elle l’a précisé devant la presse hier à Ampandrianomby. Mais cette reprise se fera sans nouvelles demandes dans l’im­médiat. Environ 3.000 dossiers restent en attente au Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM). « Ces demandes anciennes seront traitées en priorité, selon le principe du premier venu, premier servi », explique le directeur général p.i. du BCMM, Harison André Lovasoa. Les requérants doivent toutefois ac­tualiser leurs documents afin de se conformer au nouveau Code minier. La direction générale des Mines se veut rassurante. Elle précise que le traitement se fera progressivement. « Les 3.000 demandes ne seront pas réglées en un jour, mais leur traitement fait désormais partie de nos tâches quotidiennes, et il n’y a pas de limite au nombre de dossiers examinés », note le directeur général des Mines, David Ratsimbazafy. La procédure prévoit un délai légal de 60 jours ouvrables entre le dépôt conforme du dossier et la délivrance du permis. Après instruction au BCMM, les dossiers seront transmis à la direction des Mines pour évaluation technique. Les autorités parlent avant tout de remise en ordre. « Ce n’est pas une nou­veauté, mais une étape de correction. Toutes les conditions juridiques et techniques sont désormais réunies », affirme le secrétaire général du ministère des Mines, Georges Rasamima­nana. Il ajoute que cette réouverture résulte d’un long travail d’analyse et d’ajustement du cadre légal. Actions locales Le gouvernement cherche aussi à améliorer l’attractivité du pays. « Nous sollicitons les professionnels à investir dans les grands pro­jets », souligne Georges Ra­samimanana, évoquant « plus d’une dizaine d’investisseurs intéressés ». Il rappelle toutefois que « les projets miniers sont des projets à très haut risque ». La réforme renforce également les obligations sociales et environnementales. Le Plan de Responsabilité So­ciétale et Environnementale (PRSE) devient un passage obligé. Il inclut des études de faisabilité et doit être signé par l’entreprise, les communautés locales et les collectivités territoriales. Au moins 2% des investissements devront financer des actions locales. Reste une interrogation, soulevée par la direction du BCMM par intérim : « Mais est-ce bénéfique pour le pays ? » La relance minière est engagée. Le véritable défi sera d’assurer que richesse du sous-sol rime avec développement durable et gouvernance transparente. Arh.

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