Plus d’équité
2026-03-23 - 04:33
Sans aucun doute, le rapport de la Cour des comptes a focalisé toutes les attentions ces derniers jours. Un rapport dont la rigueur dresse un état des lieux sans concession ni complaisance des réalités auxquelles sont confrontés les différents départements ministériels de la fonction publique. On pourra passer plusieurs jours à commenter les nombreux dysfonctionnements qui ont été relevés dans ledit rapport, mais principalement, on ne saura passer sous silence l’existence d’un climat d’iniquité au sein de la fonction publique notamment en matière de primes. Qu’on le veuille ou non, ce sujet alimentera les discussions au sein de la fonction publique et sera même susceptible de créer des malaises qui pourront entraîner des conséquences nocives auprès des différents corps et départements de l’administration publique. On se demande bien les raisons de ces inégalités ? Pourquoi certains touchent-ils des primes excessives par rapport à d’autres ? Est-ce parce qu’ils ont la lourde responsabilité de gérer les deniers publics ? Ou bien parce qu’ils font rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat ? C’est une logique qui ne tient pas debout dans la mesure où les autres départements ministériels n’en ont pas moins de responsabilité dans les différentes fonctions qui leurs échoient. Et beaucoup contribuent également à enrichir les caisses de l’Etat. En matière de responsabilité, on peut se demander ce qui est plus important, qu’est ce qui a plus de valeur, les richesses ou la vie ? A quoi servirait d’être riche sans qu’on puisse en profiter pleinement à cause d’une santé défaillante. Certes, les richesses matérielles sont nécessaires et utiles. Mais en dernier ressort, elles sont moins essentielles qu’une bonne santé. Et c’est le rôle de tous ces professeurs, médecins, infirmiers ... , c’est-à-dire de tout le personnel de la santé, d’assurer autant que faire se peut, de garder leurs patients en bonne santé. Donc leur rôle est crucial. Et plus particulièrement, on a dans l’esprit tous ces médecins de campagne, ces infirmiers ou sage-femme affectés dans les contrées les plus éloignés qui doivent se déplacer à pied, de jour comme de nuit, pour donner ne serait-ce le plus petit soin afin d’alléger autant que possible tout le mal que leur patient éprouve. C’est également la vocation de tout ce personnel de l’enseignement à tous les niveaux. Il a la responsabilité de former les futurs citoyens qui auront, plus tard, la lourde tâche de diriger ce pays. Avant toute chose, il cherche à former des têtes bien pleines. Autrement dit, c’est tout l’avenir de la nation qui en dépend. On ne peut que reconnaître l’abnégation dont font preuve ces instituteurs de campagne qui, quotidiennement, doivent faire des marches de plusieurs kilomètres pour joindre l’école construite en pleine brousse. Et c’est là qu’ils s’efforcent de donner les rudiments de la lecture et de l’écriture à nos futurs citoyens. De la part de tout ce beau monde, on exige crédibilité et performance. Mais malheureusement, le rôle stratégique de tout un chacun n’est pas valorisé de la même façon. Les inégalités de traitement entre corps et départements sont de nature à annihiler les efforts fournis individuellement. Et pour y remédier, il faut plus d’équité. Ranaivo Lala Honoré