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Programme de la refondation: la classe politique se sent exclue

2026-03-07 - 05:07

Une semaine après la présentation du « Programme de la refondation de la République de Madagascar » devant la Sadc, le débat politique s’intensifie. Alors que le pouvoir en place affirme sa souveraineté en matière d’organisation du processus de refondation jusqu’en 2027, des acteurs politiques jugent la démarche unilatérale. Avant de remettre le fameux document à la Sadc, le chef de l’Etat a indiqué qu’il ne s’agit pas de feuille de route, mais plutôt d’un rapport assorti d’un chronogramme. Dans cette démarche, il vise à affirmer la souveraineté du régime concernant la conduite du processus de refondation et de réforme politique. Cependant, si la Sadc s’est contentée du rapport et du calendrier, des acteurs politiques malgaches estiment que le processus mérite davantage de garanties et de clarifications. Le « Programme de la refondation » indique par exemple que la phase 1 du processus (page 4), à savoir la concertation nationale, « repose sur la participation du groupe des jeunes au niveau national, composés des principaux acteurs du changement, et de la diaspora malgache ». Des zones d’ombre subsistent En revanche, ce Programme de Refondation ne mentionne aucunement la participation des partis politiques, même s’il a été rapporté dans les principes directeurs que « toutes les forces vives de la Nation sont accueillies et entendues dans le respect mutuel et la dignité des personnes ». Front commun Face à cette forme d’exclusion, les rencontres et concertations entre partis politiques se sont alors multipliées ces derniers jours. Ils ne cachent pas leurs inquiétudes dès le départ Et la décision de certains partis de signer la convention du Sehatra ifanakalozana Anatsarana ny politika (SIAP) illustre cette prise de position. Parmi eux, le parti Tiako i Madagasikara (Tim), qui a finalement rejoint l’initiative après plus de deux mois d’hésitation depuis les premières discussions en décembre. Pour plusieurs observateurs, ces rapprochements traduisent la volonté d’une partie de la classe politique de constituer un front, face à ce qu’ils considèrent comme un processus unilatéral. Divisions persistantes Certaines voix appellent également à davantage de transparence dans la conduite de cette refondation. C’est le cas du révérend père Prospère Ratovomananarivo qui a pointé du doigt, sur des chaînes audiovisuelles de la capitale, hier et avant-hier, le flou entourant le processus. Selon lui, il est nécessaire de définir clairement les attentes du peuple ainsi que les objectifs et la finalité que les dirigeants doivent atteindre dans le cadre d’une concertation nationale. Le père jésuite a également souligné que toute démarche de refondation devrait s’appuyer sur une base solide. Il s’est alors interrogé sur la capacité des Malgaches sans exception à se réconcilier et à privilégier l’intérêt national, dans un contexte marqué par des divisions persistantes. Il soulève ainsi une véritable problématique que le régime de la refondation doit aborder sérieusement avant le lancement du processus. Le père Prospère Ratovomananarivo a aussi rappelé que des Eglises chrétiennes ont souvent été critiquées pour leur implication dans les affaires nationales. Toutefois, selon lui, le Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) n’a jamais intégré une structure politique. Il n’a reçu qu’un mandat pour organiser une conférence nationale autour de laquelle des zones d’ombre subsistent. Tivo Rasam

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