Quel est le mode d’emploi ?
2026-02-21 - 06:06
Le relèvement post-cyclonique focalise aujourd’hui toutes les énergies. L’heure est à la reconstruction, aux évaluations des dégâts, à la solidarité nationale. C’est une priorité légitime. Mais pendant que le pays panse ses plaies, un autre compte à rebours, tout aussi décisif, continue de s’égrener. Ce 28 février au plus tard, Madagascar devrait présenter à la Sadc une feuille de route nationale pour la sortie de crise. Alors que pour le régime en place, la feuille de route de la Refondation sera élaborée lors de la concertation nationale à venir, qui commence au niveau des Fokontany, pour intégrer pleinement les citoyens dans le processus. Et d’autres préoccupations majeures de la population seront également débattues à cette occasion, dans les domaines économique et sociale. La feuille de route n’est pas seulement politique, elle revêt aussi d’autres aspects du développement et de croissance. Mais pendant que cette grande rencontre nationale semble renvoyer aux calendes grecques, des concertations sectorielles ont déjà commencé, comme celles organisées par les Forces de sécurité, le ministère de l’Economie et des Finances, les experts des droits humains... Et ce qui pourrait être perçu comme un signe d’avancement nourrit aussi des interrogations légitimes chez de nombreux acteurs de la vie publique. Où et quand les autres secteurs seront-ils consultés ? Selon quelles modalités ? Qui parlera au nom de qui ? Ces questions ne relèvent ni de la défiance ni d’une impatience stérile. Elles traduisent une soif de clarté et d’inclusivité. La concertation nationale ne peut réussir que si elle est comprise, partagée et perçue comme équitable. De nombreuses voix se sont déjà élevées dans ce sens, que ce soit au niveau des organisations de la société civile ou des partis politiques. L’important n’est donc plus de promettre que toutes les questions seront débattues, mais d’expliquer de quelle manière. La méthode est donc devenue l’urgence. Quel cadre pour le dialogue concernant des secteurs particuliers ? Quelle articulation entre les consultations sectorielles et la phase nationale ? Quels mécanismes de représentation et de restitution ? L’Etat et le FFKM, aux commandes du processus, disposent déjà d’éléments de réponse. C’est précisément par là qu’il faut commencer. Rendre publique la démarche, les critères de participation pour tous les secteurs, les mécanismes de prise de décision. En un mot, donner à la concertation nationale un visage et un mode d’emploi. Le ministère d’Etat auprès de la Présidence chargé de la Refondation a déjà esquissé un calendrier jusqu’aux élections de 2027. C’est un bon début, mais il en faut plus pour rassurer les bons citoyens... Tivo Rasam