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Toamasina : Hausse des prix des matériaux de construction

2026-02-13 - 04:49

Ruée vers les matériaux de construction dans l’Atsinanana. Aussitôt le cyclone Gezani parti, de longues files se sont formées devant plusieurs quincailleries dans la ville de Toamasina, le mercredi 11 février. Certains venaient acheter des clous, d’autres pour chercher des tôles, des fers ou encore des bois pour reconstruire leurs maisons détruites ou décoiffées par les vents de Gezani. Les sinistrés ont constaté une nette hausse des prix des matériaux de construction. “L’État va combler le gap. Vendez vos tôles à 25 000 ariary, faites de même pour les autres matériaux, et appliquez une remise de 10 000 ariary. Nous paierons la différence.” C’est ainsi que le colonel Michaël Randrianirina s’adressait aux quincailleries locales de la ville du Grand Port, afin de réguler les prix face à la situation chaotique. Depuis le passage de Gezani, la population fait face à une hausse des prix des matériaux de construction. Sans surprise, dans ce type de situation, les commerçants ont tendance à spéculer, comme le constatent à la fois les habitants et les autorités. Des prix qui ont doublé Certains ménages avaient renoncé à acheter de nouvelles toitures pour leur maison après le constat de la hausse des prix des tôles dans les magasins, mercredi. C’est le cas de la famille de ce jeune homme, qui souhaite garder l’anonymat. “Une partie de ma maison avait été décoiffée dans la nuit de mardi à mercredi. Le lendemain, je me suis rendu dans les quincailleries du coin pour acheter de nouvelles tôles. Quand j’ai vu que les prix ont doublé, j’ai renoncé à acheter un nouveau toit. Les tôles longues de 3 mètres et épaisses de 0.18 millimètre, qu’on achetait à 25.000 ariary auparavant, coûtent environ 65.000 ariary actuellement”, relate notre interlocuteur. Herménégilde Razafitsihadinoina, habitant du quartier d’Andranomadio à Toamasina, lui, avait vu la clôture de sa cour ravagé, outre la toiture de sa maison. “D’après nos estimations, il nous faut dépenser au moins 6 millions d’ariary pour réparer les dégâts. Ces calculs avaient été faits avec les anciens tarifs. Je pense qu’il faut prévoir plus avec la hausse des prix des matériaux”, affirme Herménégilde Razafitsihadinoina, qui entend récupérer d’abord tout ce qui pourrait être sauvé avant de se rendre en magasin. Outre l’augmentation des prix, certains matériaux, à l’instar des pointes pour tôles, se faisaient déjà rares à Toamasina, mercredi, d’après nos interlocuteurs. “Toutes les quincailleries que j’ai visitées n’avaient plus de pointe pour tôle. J’avais dû tout faire avec des pointes droites, qui étaient à 8.000 ariary le kilo. En temps normal, les pointes droites sont à 5.000 ariary le kilo”, à en croire notre premier interlocuteur. Herménégilde Razafitsihadinoina indique avoir trouvé des pointes pour tôles à 10.000 ariary le kilo, contre 8.000 ariary en temps normal. Pour lui, cette hausse est dû au fait que “les autres boutiques sont encore fermées”. Des contrôles renforcés sur les prix des matériaux de construction Haingotiana Andriamadison, ministre en charge du Commerce et de la consommation était monté au créneau mercredi pour mettre en garde ceux qui comptent profiter de l’urgence et de la vulnérabilité des sinistrés. “Le ministère va renforcer les contrôles au niveau des marchés pour lutter contre toute spéculation et rétention de stock. Un numéro vert, le 961, est également disponible pour dénoncer ces pratiques spéculatives”, avait prévenu le membre du gouvernement. La présidence de la Refondation de la République de Madagascar, de son côté, était sur le front, à Toamasina, pour négocier en direct avec des quincailleries. Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, accompagné d’une forte délégation, s’est rendue dans une quincaillerie de la ville pour se renseigner sur les prix et les stocks de matériaux disponibles pour cette boutique, mercredi. Faute de coupure d’électricité, le responsable du magasin disait être dans l’incapacité de fournir les documents sur ses stocks aux autorités présentes. Il assurait toutefois ne pas avoir augmenté ses prix. “Nous vendons des tôles longues de 2.50 mètres, épaisses de 0.25 millimètre à 35.000 ariary. Ce sont les prix habituels”, avait-il confié au président de la Refondation, qui lui avait demandé de baisser ses prix. Le colonel Michaël Randrianirina promet que “l’État comblera le gap” et demande aux commerçants d’accorder également “une remise de 10.000 ariary, que l’État se chargera de compenser.” La rareté fait la cherté Selon les économistes, ce qui se passe actuellement relève de la loi naturelle du marché. “Comme beaucoup se précipitent pour acheter des matériaux de construction, on est face à une hausse de la demande, une augmentation des prix est par conséquent naturelle. L’État devrait intervenir en fixant des règles de plafonnement des prix et en assurant un suivi rigoureux de leur application”, réagit Tantely Ravelojaona, économiste. Pour lui, l’anticipation est la meilleure solution pour prévenir ce genre de situation. Les aléas climatiques étant prévisibles. “L’État pourrait, par exemple, constituer des stocks d’urgence de matériaux de construction afin de réguler les prix lorsque surviennent de tels événements”, poursuit-il. À 10 heures, hier jeudi, le bilan provisoire du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), après le passage du cyclone tropical intense Gezani, faisait état d’au moins 250.000 personnes sinistrées. 37.253 cases ont été endommagées et 17.980 détruites, tandis que le cyclone a fait plus d’une trentaine de morts. Fenitra Rarivoson

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